De l’air

D’un coup un soir la clameur d’un France-Brésil te parvient, mais ce sont les grillons qui dominent, au loin des notes de jazz, une mobylette pressée, la voix cristalline d’une jeune fille, somewhere over the rainbow, des verres s’entrechoquent, on est qualifié.

D’un coup un soir à l’horizon un rose irréel et tu te demandes s’il se prend pour l’étendard de combattantes déterminées ou le signe du surgissement de l’été.

L’appel

L’homme téléphone d’un pays étranger
Si ça se trouve
Il va me faire le coup du discours
Il va m’expliquer que rien n’est perdu, que nous pouvons vaincre, que le destin du monde est là et que quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas
Mais non
Il veut me vendre une isolation à 1 euro
Alors je me demande
S’il ne fait pas partie de la collaboration

Balayer

Parce que si on ferme les yeux, on entend les mouettes
Parce son mouvement oscille toujours avec force
Parce que tout est emporté au loin après son passage
Parce que dans ses profondeurs vivent des mondes engloutis
Parce qu’à chaque fois que je l’utilise, je pense à Régis Perray.

Dehors

Je déclare la saison ouverte
Ni le gris du ciel
Ni les hurlements du vent
Ne m’en empêcheront
Les cordages arrimés au palmier
La toile couleur lagon déployée
Les yeux dans de vagues nuages
Le corps louvoyant au rythme du balancier
Le temps du hamac vient de commencer